L’affaire commence au cœur d’un salon de la sécurité à Kyoto. Sous les néons, une étrange maquette attire les regards : deux maisons, côte à côte, semblables en apparence… et pourtant, tout les oppose.
Une entreprise japonaise, spécialiste de la prévention, a ressorti ce modèle d’un autre temps, comme une pièce à conviction oubliée. Vingt ans d’âge, mais toujours terriblement actuel.
Devant ce décor miniature, une question plane : saurez-vous découvrir les erreurs fatales, les pièges invisibles, les indices que les voleurs repèrent avant même d’avoir franchi un portail ? Comme dans une scène de crime, chaque détail compte.
Un mur trop haut…
Une haie trop dense, une ombre trop profonde, un mur trop haut… La maison de gauche, maquette n°1, est un véritable terrain de chasse.

Fukuyoshi Kondo, chef de la planification chez Security House, joue le rôle du détective expert. Selon lui, les voleurs observent longuement avant d’agir. Ils scrutent les angles morts, les zones à l’abri des regards, les signes d’absence.
Une boîte aux lettres débordante, du linge oublié trop longtemps au soleil, un jardin qui semble figé dans le temps : pour les cambrioleurs, ce sont autant de marques laissées par un propriétaire imprudent. La maquette le montre sans détour : la maison mal pensée devient une proie facile.
Les bons gestes pour éviter d’attirer les cambrioleurs
À droite, la deuxième maison raconte une tout autre histoire. Ici, les indices sont moins engageants pour un intrus. La clôture laisse voir l’intérieur de la cour, exposant le moindre mouvement.
Des capteurs infrarouges se cachent comme des sentinelles silencieuses, des détecteurs de mouvement veillent dans l’ombre. Le décor est le même, mais l’ambiance change : impossible d’agir sans être vu.
Cette maquette, construite sur demande des polices locales, dormait depuis des années dans un entrepôt. Aujourd’hui, on la sort comme une vieille pièce à conviction remontée du passé.
Est-elle dépassée ? Les experts répondent non. Les voleurs, eux, restent fidèles à leurs méthodes : agir la nuit, se méfier du bruit, renoncer dès que l’effraction devient trop compliquée. Les fondamentaux du crime n’ont pas changé.
Autour de cette maquette, pourtant, les technologies nouvelles se pressent : reconnaissance faciale, caméras nocturnes, applications connectées. Une manière pour l’entreprise japonaise de rappeler qu’au-delà du mystère et du jeu des différences, le but reste clair : convaincre les visiteurs que, dans ce Cluedo moderne, le seul moyen de gagner est de s’équiper.