Le réchauffement climatique pourrait-il vous faire croiser davantage de serpents dans les années à venir ? Une vaste étude internationale relayée par l’OMS tire la sonnette d’alarme sur un phénomène encore peu connu du grand public.
En analysant 508 espèces de serpents venimeux à travers le monde, des chercheurs ont constaté que la destruction progressive de certains habitats naturels pourrait pousser de nombreux reptiles à se rapprocher des zones habitées.
Plus de rencontres entre l’Homme et les serpents
Forêts, prairies, zones humides… Sous l’effet du changement climatique, de nombreuses espèces sont contraintes de modifier leur territoire. Certaines pourraient même migrer vers des régions plus urbanisées ou plus densément peuplées.
Conséquence directe : les contacts avec les humains risquent d’augmenter dans plusieurs régions du globe. Et avec eux, le nombre de morsures potentiellement dangereuses.
Chaque année, les morsures de serpent provoquent déjà environ 138 000 décès et plus de 400 000 cas d’invalidité dans le monde.
Un danger réel… mais à relativiser
Avant d’imaginer des cobras dans les jardins ou des vipères à chaque coin de rue, les spécialistes appellent toutefois au calme.
L’étude évoque surtout une augmentation statistique du risque dans certaines zones du monde, notamment en Afrique, en Asie du Sud, en Amérique du Sud, aux États-Unis ou encore en Chine.
En France, le principal serpent concerné reste la vipère péliade. Sa morsure peut nécessiter une prise en charge médicale mais elle est rarement mortelle lorsque la victime est soignée rapidement.
Pourquoi les scientifiques sont-ils inquiets ?
Le problème ne concerne pas seulement les serpents eux-mêmes. Les chercheurs craignent surtout que certaines régions ne soient pas suffisamment préparées à une hausse des morsures.
Ils recommandent notamment :
- d’augmenter les stocks d’antivenins
- de renforcer les capacités hospitalières
- d’améliorer l’accès aux soins dans les zones isolées
- de mieux informer les populations exposées.
Faut-il avoir peur ?
En fait… Pas vraiment.
Cette étude ne signifie pas que les serpents vont soudainement envahir les villes du jour au lendemain. Elle montre surtout que le changement climatique pourrait modifier progressivement les zones de présence de certaines espèces.
Le risque existe, mais il reste très variable selon les pays et les régions. Pour la plupart des habitants d’Europe occidentale, il n’y a pas lieu de paniquer. En revanche, les scientifiques estiment qu’il est important d’anticiper dès maintenant ces évolutions pour éviter que le problème ne prenne de l’ampleur dans les prochaines décennies.